Débrayage du personnel face au risque de délocalisation

Confronté à des rumeurs persistantes sur la délocalisation d’une partie de la production et la suppression de 130 à 180 postes de travail, le personnel d’ABB Sécheron Genève a débrayé durant deux heures sur le site meyrinois. Il demande des garanties pour les emplois et des explications sur le départ du directeur Jean-Luc Favre.

 

Face aux rumeurs persistantes sur la délocalisation d’une partie de la production et la suppression de 130 à 180 postes de travail, le personnel d’ABB Sécheron Genève, soutenu par le syndicat Unia, a demandé la semaine dernière à la direction du groupe une communication transparente et des garanties sur l’emploi. Depuis, la direction a certes annoncé qu’une rencontre avec les délégués du personnel devait avoir lieu le 6 novembre prochain, mais en attendant, l’inquiétude du personnel ne cesse d’augmenter.

Dernier élément en date : le départ avec effet immédiat, la semaine passée, de Jean-Luc Favre, directeur depuis de longues années du site genevois, dont l’absence d’explications est interprétée comme un désaccord de sa part avec les plans de restructuration venant du siège mondial du groupe. 

Pour rappel, 65 postes ont déjà été supprimés depuis 2015 suite à des délocalisations de lignes de production vers des pays dits de faible coût de main-d’œuvre. Il semble que le groupe souhaite procéder à une délocalisation de l’ensemble des activités productives du site, et ce alors que celui-ci est bénéficiaire depuis plus de 15 ans et que le personnel est à la pointe de la technologie dans le domaine des transports. Preuve en est non seulement la récente commande de la ville de Nantes des bus TOSA, mais aussi les chiffres publiés récemment par le groupe qui témoignent d’une augmentation des ventes et du bénéfice largement en-dessus des prévisions. Les actions du groupe ont même atteint leur plus haute valeur depuis 2008 !

 

Une fois de plus, la délégation du personnel déplore le manque de communication de la part de la direction du groupe et lui rappelle ses obligations d’information inscrites dans la Convention collective du travail de l’industrie des machines. Dans ces conditions, devant le danger de la suppression de l’activité du site, le personnel a décidé d’un premier avertissement sous forme d’un débrayage de deux heures sur le lieu de travail, auquel ont participé quelque 130 salariés de l’entreprise. Le personnel exige de la direction qu’elle transmette à la délégation du personnel toute information disponible permettant de dissiper les rumeurs de fermeture du site genevois et de présenter un plan de maintien et de développement détaillé de l’emploi à Genève.

Unia Genève

Contacts:

Délégué du personnel: Bruno Rabaste, 079 619 44 33.

Unia: Alessandro Pelizzari, 079 817 29 04.