Licenciement antisyndical chez Domino’s Pizza à Genève condamné

La Cour de justice vient de confirmer en appel la condamnation de Domino’s Pizza Gmbh pour licenciement abusif antisyndical. En 2015-2016, les employé-e-s des succursales genevoises de la multinationale avaient réclamé le respect de leurs droits et l’amélioration de leurs conditions de travail. Au lieu de trouver des solutions satisfaisantes, Domino’s avait licencié l’une des salariées impliquées.

Dès la fin de 2015, une dizaine d’employé-e-s de Domino’s Pizza avaient demandé le soutien du syndicat Unia dans le cadre d’un conflit avec un responsable du restaurant des Eaux-Vives. Après plusieurs assemblées du personnel et malgré des séances de négociation avec la direction nationale de Domino’s, aucun accord n’avait pu être trouvé. Une action de débrayage et une conférence de presse avaient été annoncées. Sous pression, Domino’s avait finalement proposé des solutions satisfaisantes pour le personnel, provoquant l’annulation des actions prévues par Unia. Le jour même où un terrain d’entente était enfin trouvé entre la direction et les salarié-e-s, Domino’s a pourtant licencié l’une des salariées et l’a libérée de son obligation de travailler sur le champ ! Jennifer A. n’avait pourtant fait que réclamer avec ses collègues le respect des lois en vigueur et l’amélioration des conditions de travail. Ceux-ci demandaient notamment le respect quotidien de plannings de travail, d’être respecté par leur chef, d’avoir des heures de travail garanties pour obtenir un salaire décent.   

Ce jugement vient confirmer la décision du Tribunal des Prud’hommes de mars 2018. Le syndicat Unia se réjouit de cette victoire syndicale et salue le courage et l’engagement de Jennifer et de ses collègues. Pourtant, cette victoire a un goût amer. En effet, Domino’s Pizza ne devra en tout et pour tout payer que deux mois d’indemnités salariales en faveur de Jennifer. A ce jour, l’entreprise n’a toujours pas versé l’argent dû à l’employée concernée.

Pire encore, nous apprenions récemment que des situations similaires se sont produites chez Domino’s à Lausanne et Neuchâtel. Non contente de s’être fait condamner, l’entreprise entend visiblement continuer de bafouer les droits des salarié-e-s et l’activité syndicale !

Domino’s doit cesser immédiatement ces agissements et prendre en compte les opinions légitimes des employé-e-s, qui ne demandent rien d’autre que l’application des conditions de travail en vigueur, notamment le respect de la Convention collective nationale de travail de l’hôtellerie-restauration et de la Loi sur le travail. Nous réclamons le renforcement des droits syndicaux, et notamment la protection contre les licenciements liés à l’activité syndicale. Les salarié-e-s licencié-e-s abusivement comme Jennifer doivent pouvoir être réintégrés dans leur entreprise. Tout dernièrement encore, la presse relayait la liste noire de l’OIT en matière de droits syndicaux sur laquelle figure la Suisse, aux côtés du Sierra Leone ou encore de la Biélorussie. Il est temps que le pays de la paix du travail cesse d’être le mouton noir au cœur de l’Europe et protège efficacement les travailleurs et travailleuses dans l’exercice de leurs droits.

Pour plus d’informations :

Artur Bienko, secrétaire syndical d’Unia Genève, 079 652 99 37 artur.bienko[at]unia.ch