Chantier tri-bagage à l'Aéroport de Genève: arrêt du chantier et potentiel licenciement collectif

Plus d’une trentaine de travailleurs se sont réunis ce matin, accompagnés du syndicat Unia, dans le cadre d’une assemblée générale du personnel de PH Facility. Ils exigent le maintien en emploi de l’ensemble des salarié-e-s présent-e-s sur le chantier, avec l’entreprise PH Facility ou l’entreprise qui reprendra le chantier. Le syndicat Unia demande en ce sens à l’Aéroport International de Genève (AIG) d’assumer ses responsabilités en exigeant de l’entreprise Leonardo SA le maintien en emploi des salariés, soit en gardant l’entreprise actuellement active sur le chantier, soit en reprenant l’ensemble du personnel. Dans l’idéal, l’aéroport devrait engager l’entreprise directement, sans passer par une chaîne de sous-traitance qui péjore systématiquement les travailleurs.

Près de 35 ouvriers travaillant sur le chantier du tri-bagages de l’aéroport, dans la Mécatronique (industrie des machines), étaient présents lors de l’assemblée du personnel et de la conférence de presse qui s’est tenue aujourd’hui à l’aéroport. Ils sont revenus sur ces derniers jours très difficiles pour eux:

Ivan, ancien travailleur de Mittel, puis de GI Groupe et maintenant de PH Facility indique : «Après avoir vécu le désastre Mittel SA et avoir été sous-payés pendant des mois, fait des horaires à rallonge et des heures supplémentaires en cascades, nous avons été engagés par PH Facility SA. Cette entreprise a respecté la CCT Mécatronique et sa grille salariale genevoise. Or, elle est aujourd’hui exclue de l’aéroport parce que Leonardo a mis fin à sa collaboration avec Fincantieri SA. Nous sommes une nouvelle fois dans la crainte de rester sans travail. Nous espérons que l’entreprise continuera à nous verser les salaires. Nous pensions qu’en Suisse ce genre de chose n’arrivait pas et nous demandons aux autorités de ce canton de prendre leur responsabilités».

L’aéroport maintient une situation de sous-traitance en engageant un maître d’ouvrage, Leonardo SA qui, ne pouvant réaliser le chantier, engage un sous-traitant incapable lui-même d’effectuer les travaux et engageant à son tour un autre sous-traitant. L’aéroport est le premier responsable de cette situation qui n’a que trop duré.

Un autre travailleur, Motan, a témoigné des difficultés de vivre à nouveau une situation difficile. «Nous étions enfin stabilisés avec des conditions de travail correctes et avec le soutien et l’accompagnement du syndicat. Nous sommes à nouveau menacés de licenciement et sommes désespérés que cette situation n’en finisse plus. Nous souhaitons rester sur le chantier, avec cette entreprise, et finir le travail technique que nous avons initié. Si la décision d’exclure cette entreprise persiste, alors nous demandons à garder nos emplois et à être repris par Leonardo SA, ou alors par l’entreprise qui reprendra le chantier ou, mieux encore, par l’aéroport directement.»

Unia sollicitera à nouveau une rencontre avec la direction de l’aéroport ainsi qu’avec Leonardo SA, comme la semaine passée, afin de discuter de ses revendications. Le syndicat demande à l’aéroport de prendre une fois pour toutes ses responsabilités et d’exiger de Leonardo SA que soient engagés l’ensemble des salariés actuellement sous contrat avec PH Facility, si la décision de ne pas travailler avec cette entreprise est confirmée. L’idéal étant que l’aéroport engage directement l’entreprise, sans passer par une chaîne de sous-traitance qui porte systématiquement préjudice aux travailleurs.

De plus, des discussions tripartites doivent avoir lieu avec l’aéroport et les autorités politiques cantonales afin d’empêcher que ces pratiques de sous-traitance abusives et répétées ne se reproduisent encore et encore, en particulier sur un site public. Unia interpellera à nouveau les instances intersyndicales et politiques en ce sens.

Enfin, le syndicat continuera de suivre et d’accompagner avec attention les travailleurs afin qu’ils ne perdent pas leur emploi, et que la reprise du chantier se fasse avec l’assurance du respect, a minima, des conditions actuelles. Une attention particulière sera également portée à toute situation douteuse sur le site de l’aéroport en particulier dans le cadre de la sous-traitance. Enfi'n, la question de la sous-traitance restera une priorité dans les actions syndicales futures car elle représente un danger important pour les conditions de travail des salariés, tel que ce cas-là, une nouvelle fois, mis en lumière.