Convention Nationale 2025
Réunis en Assemblée générale le 28 mars à l’UOG, les maçons genevois n’ont pas caché leur colère et leur ras-le-bol face à la dégradation de leurs conditions de travail sur les chantiers !
Alors qu’ils construisent la Suisse à la sueur de leur front, plusieurs milliers d’entre eux tombent sur les chantiers chaque année, victimes d’accident, de maladie ou tout simplement de la pénibilité de leur activité. Chaque année, ils doivent mendier souvent sans succès de maigres augmentations de salaires avec l’aide de leurs syndicats, face à un patronat toujours plus intraitable et ingrat. Ce même patronat, représenté par la SSE, qui, à chaque négociation de leur convention collective, tente de leur imposer une flexibilité totale de leur temps de travail !
Les patrons marchent sur la tête dans la construction et il y a quelque chose qui ne tourne pas rond sur les chantiers ; jugez plutôt !
- un maçon sur deux quitte la branche, souvent peu de temps après la fin de son apprentissage ;
- les jeunes persistent à se détourner de la profession, le nombre d’apprentis ayant diminué de moitié ces dernières années ;
- d’ici 2040, le 30 % de postes de maçons annoncés manquants aujourd’hui ne sera pas repourvu ;
- des travailleurs de + de 50 ans, contre toute logique économique et sociale, continuent à être licenciés avec le risque de perdre leur droit à la FAR et de se retrouver à l’aide sociale après avoir trimé 30, voire 35 ans, sur les chantiers ;
- le système de sous-traitance abusive et des faillites frauduleuses perdure et continue à se développer, avec son lot de misère sociale pour les travailleurs en bout de chaine
Les maçons disent STOP !
Accélération des cadences et des rythmes de travail, augmentation des temps de déplacement qui ne sont même pas payés, journées de travail à rallonge et par tous les temps (dans le froid, sous la pluie ou sous 38° à l’ombre !), alors qu’en face les carnets de commande sont pleins et les bénéfices pleuvent : on dit STOP ! Avec les prochaines négociations de la CN 2025 qui s’annoncent, les maçons sont persuadés que les patrons vont poursuivre leurs attaques contre leurs conditions de travail (flexibilisation totale de leurs horaires, suppression des calendriers et des annonces pour le travail du samedi, élimination des durées maximales de travail prévues par la CN etc).
Pour anticiper et faire face à l’offensive patronale, améliorer leurs conditions de travail et de salaire pour un meilleur pouvoir d’achat, mais aussi pour leur droit à un meilleur équilibre entre vie professionnelle et familiale, les nombreux travailleurs présents à l’AG ont décidé d’exiger :
Sur le plan national :
- une baisse du temps de travail et un refus catégorique de toute flexibilité des horaires de travail ;
- une pause payée pour tout le monde ;
- la fin du temps de déplacement non payé ;
- une meilleure utilisation des heures supplémentaires avec possibilité de les transférer sur un compte « familial » ;
- un encadrement strict de la sous-traitance avec responsabilisation de l’entreprise principale
- une augmentation de salaire digne de ce nom pour tous ;
- la compensation automatique du renchérissement à l’avenir.
Sur le plan local :
- la suppression des pénalités de salaire pour les apprentis ayant réussi leur formation;
- l’établissement de critères contraignants pour le travail du samedi ;
- une décharge syndicale pour 3 jours de formation par année. Ils ont conclu leur assemblée générale par un appel vibrant lancé à tous leurs collègues genevois
Participez tous à la Manif nationale le 17 mai à Lausanne :
- Pour envoyer un message fort aux patrons
- Pour montrer notre détermination à obtenir des améliorations de nos conditions de travail, de salaire et de vie
RDV : samedi 17 mai à 11h30