Licenciement antisyndical chez 5àsec-Baechler à Genève

Unia Genève dénonce le licenciement antisyndical de la présidente de son Comité Blanchisseries, employée de 5àSec/Baechler à Genève. Par cet acte, la direction viole la liberté syndicale et menace le dialogue social. Nous exigeons sa réintégration.

Unia dénonce de graves violations de la liberté syndicale dans les blanchisseries 5àSec / Baechler à Genève. L’attitude de la direction parisienne est un affront au dialogue social et peut avoir des répercussions internationales: en pleine discussion sur le renforcement de la protection des représentant·e·s du personnel, elle pourrait fragiliser le soutien syndical aux Bilatérales III et faire revenir la Suisse sur la liste noire de l’OIT des pays ne respectant pas la liberté syndicale.

Le syndicat Unia Genève dénonce avec la plus grande fermeté le licenciement de notre collègue employée dans les blanchisseries 5àSec / Baechler à Genève, également syndicaliste active et présidente du Comité de branche des Blanchisseries d’Unia Genève. Ce renvoi intervient après qu’elle a porté à la connaissance de la direction des problématiques collectives liées aux conditions de travail dans l’objectif d’ouvrir un dialogue constructif et d’obtenir des améliorations au bénéfice de l’ensemble du personnel.

Au lieu d’écouter celles et ceux qui font vivre l’entreprise au quotidien, la direction a choisi de faire taire une voix certes critique, mais courageuse et dotée d’une volonté constructive. Ce licenciement envoie un message brutal au personnel: «Tu bosses et tu te tais ou on te vire!». Ces méthodes de management, alliant menace, peur et répression sont inacceptables, à plus forte raison dans le cadre d’un partenariat social.

Face à cette grave atteinte à la liberté syndicale, notre syndicat considère que la direction internationale de l’entreprise, basée à Paris, non seulement méprise l’esprit du dialogue social helvétique, mais enfreint aussi la Convention n°98 de l’OIT, ainsi que l’art. 28 de la Constitution fédérale et la Loi sur la participation.

Ces violations s’inscrivent par ailleurs dans un contexte particulièrement sensible: l’Union syndicale suisse négocie actuellement avec le Conseil fédéral une amélioration de la protection des représentant.e.s du personnel dans le cadre des accords bilatéraux entre la Suisse et l’Union européenne. L’attitude bornée de la direction de 5àSec / Baechler pourrait avoir des conséquences importantes sur le fragile équilibre en passe d’être trouvé: elle pourrait fragiliser le soutien syndical aux Bilatérales III et exposer à nouveau la Suisse à des critiques internationales en matière de liberté syndicale, jusqu’à sa possible réinscription sur la liste noire de l’OIT des pays ne respectant pas la liberté syndicale.

Le syndicat Unia a adressé à la direction une lettre de protestation exigeant la réintégration immédiate de notre collègue. Unia poursuivra son action, avec le personnel, afin que chacune et chacun puisse s’exprimer librement sur ses conditions de travail et que le dialogue social s’exerce dans un esprit paritaire, respectueux et conforme aux engagements conventionnels.

Aussi, nous exigeons:

  • La réintégration immédiate de notre collègue;
  • La fin des pressions et de la répression contre celles et ceux qui s’expriment et s’engagent de manière constructive pour améliorer leurs conditions de travail et celles de leurs collègues;
  • La création d’une Commission du personnel avec Unia chez 5àSec;
  • Le respect de la Convention collective de travail (CCT) et du dialogue social.