14 juin 2026: NON à la modification de la LHOM

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Le 14 juin prochain, la population genevoise est appelée à se prononcer sur la modification de la loi sur l’ouverture des magasins (LHOM).

La fin d’un compromis social

L’élément central de cette réforme est la rupture d’un équilibre démocratique construit à Genève. En 2016, le peuple avait accepté un compromis : autoriser certaines ouvertures dominicales, à condition qu’elles soient strictement encadrées par des garanties collectives pour le personnel. Ce lien entre ouverture et protection n’était pas un détail technique, mais le cœur de l’acceptabilité sociale du dispositif.

Aujourd’hui, ce compromis est remis en cause. L’arrêt du Tribunal fédéral supprime l’obligation d’une convention collective étendue, vidant ainsi le mécanisme de sa substance. Concrètement, cela signifie que l’on autorise davantage de flexibilité pour les employeurs sans garantir les droits des salarié·e·s. Derrière une apparente adaptation juridique, c’est un recul net des protections collectives qui se profile.

Une trajectoire claire : 4, puis 12 dimanches

La réforme ne doit pas être analysée isolément, mais dans une logique d’évolution progressive. Présenter ces ouvertures supplémentaires comme limitées est trompeur : elles s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à banaliser le travail dominical.

Les signaux politiques sont clairs. Le Conseil d’État genevois a soutenu l’extension à 12 dimanches au niveau fédéral, et cette orientation est également appuyée à Berne. Ce qui est aujourd’hui présenté comme une petite adaptation apparaît ainsi comme une étape intermédiaire vers une libéralisation beaucoup plus importante.

Accepter cette réforme, c’est ouvrir la porte à une dynamique difficile à arrêter. Refuser cette modification, c’est poser une limite claire et éviter que le dimanche devienne progressivement un jour de travail comme les autres.

Un argument économique trompeur

Les promoteurs de la réforme invoquent la situation difficile du commerce pour justifier l’élargissement des horaires. Pourtant, cette argumentation ne tient pas. Les difficultés du secteur sont réelles, mais elles sont liées à des facteurs structurels : baisse du pouvoir d’achat, concurrence des pays voisins, développement du commerce en ligne.

Étendre les horaires d’ouverture ne répond à aucun de ces enjeux. Cela ne crée pas de nouveaux clients, mais répartit simplement la consommation différemment. En revanche, cela augmente les coûts et renforce la position des grandes enseignes au détriment des petits commerces.

Il s’agit donc moins d’une mesure de soutien que d’une restructuration du marché en faveur des acteurs les plus puissants.

Le mythe du volontariat

L’un des arguments récurrents est celui du volontariat. Les salarié·e·s pourraient, selon les employeurs, choisir de travailler le dimanche et bénéficier de compensations. Dans les faits, cette vision est largement théorique.

Dans une situation de dépendance économique, refuser de travailler le dimanche est rarement sans conséquence. La pression implicite, les contraintes d’organisation et la précarité rendent ce prétendu choix très relatif.

Quant aux compensations financières, elles ne remplacent ni le temps perdu avec ses proches, ni le repos indispensable. La question dépasse celle du salaire : elle touche à l’équilibre de vie et à la santé des travailleuses et travailleurs.

Un choix de société

Au-delà des aspects techniques et juridiques, le vote du 14 juin pose une question fondamentale : quelle place voulons-nous donner au travail dans nos vies ?

Accepter cette réforme, c’est accepter une nouvelle flexibilisation des conditions de travail et une banalisation du dimanche comme jour ouvrable. Refuser cette modification, c’est affirmer que certaines limites doivent être maintenues pour préserver la santé, la dignité et la qualité de vie des salarié·e·s.

Ce vote n’est pas anodin. Il engage une vision de la société et du rapport au travail.

Unia s’engage résolument aux côtés des travailleuses et des travailleurs pour résister à toute dégradation de leurs conditions et défendre sans compromis leur dignité, leurs droits et leur temps de vie.

 

Pour tout renseignement complémentaire :

Balmain Badel, Responsable du secteur Tertiaire ·Unia, 079 367 50 33, balmain.badel@unia.ch