Lors d’une visite syndicale sur le chantier de l'entreprise UNICA SUISSE SA, les syndicats ont constaté un environnement de travail dangereux et incompatible avec les exigences en matière de sécurité et de protection de la santé
De nombreux débris encombrent les espaces de circulation, augmentant fortement les risques d’accidents. Les travailleurs sont exposés en permanence à des obstacles, à des câbles et à une forte concentration de poussière, dans des conditions mettant directement en danger leur santé et leur sécurité.
Des pratiques contraires aux règles du secteur
L’entreprise responsable,UNICA SUISSE SA se présente comme active dans toute la Suisse dans des domaines exigeants tels que le désamiantage, le démantèlement et la démolition. Elle affirme également accorder une importance centrale à la sécurité et à la protection de la santé.
Elle y met en avant une expérience, des compétences et la formation de ses équipes qui lui auraient permis de réaliser des projets complexes pour des clients exigeants de renom, tels que le CERN, l’Organisation des Nations Unies, Syngenta, Procter & Gamble, Firmenich et bien d’autres.
Elle indique aussi qu’elle dispose de moyens humains et matériels lui permettant de faire face aux défis techniques du cadre réglementaire et conclut, pépite d'ironie vu le contexte: "l’hygiène, la sécurité, la protection de la santé et de l’environnement sont nos priorités".
Les constats effectués sur le terrain sont cependant en contradiction avec ces déclarations.
Dans les faits, UNICA SUISSE SA viole également les dispositions de la convention collective travail du secteur principal de la construction en appliquant celle du second œuvre, moins favorable aux travailleurs. C'est-à-dire en les sous-payant.
Pire encore, elle abuse gravement du travail temporaire : une grande majorité des travailleurs présents sur le chantier ne disposent pas d’un contrat fixe, ce qui accentue leur précarité.
La protection des travailleurs doit primer
Partout sur ce chantier des plaques indiquent : "objets patrimoniaux à protéger". Mais la santé des travailleurs, elle, n’est-elle pas digne de protection ? Cette question, Unia, le SIT et SYNA l'ont posée à tous les acteurs de la construction, notamment la Société suisse des entrepreneurs (SSE), lors de l'action du 26 mai 2026. Car en dénonçant l’annexe 13 de la convention nationale du secteur principal de la construction, la SSE va précariser des milliers de travailleurs à Genève et affaiblir le dispositif de contrôle paritaire cantonal.
Interventions et demandes
Pour obtenir des réponses concrètes, les syndicats dénonceront cette affaire au maître d’ouvrage, à savoir à la banque et à l’architecte en charge des travaux, mais également auprès du bureau de contrôle des chantiers et à l’OCIRT. Et ce, pour une intervention rapide et ferme visant à une amélioration directe des conditions de travail et à une mise en conformité des salaires des travailleurs victimes d’un dumping salarial crasse. Les syndicats sont conscients que les chantiers de rénovation ne sont pas des usines horlogères ni des salles stérilisées d’hôpital, mais ils ne devraient pas non plus être des dépotoirs ou des porcheries. Les travailleurs ont droit à la dignité et au travail dans un environnement sûr, qui ne mette pas leur santé et leur sécurité en danger.
Une situation révélatrice d’un problème plus large
A travers cette nouvelle affaire, Unia, le SIT et SYNA alertent sur les conséquences de la dénonciation de l’annexe 13 de la convention nationale du secteur principal de la construction par la SSE-Genève. Au-delà de l’attaque brutale et inacceptable du pouvoir d’achat des travailleurs qui vont voir leur salaire être amputé de 400 frs par mois, c’est aussi le dispositif de contrôle cantonal des conditions de travail qui va être affaibli, avec la certitude que les cas d’abus se multiplieront à Genève.
Appel à la mobilisation
Dans ce contexte, les travailleurs de la branche sont appelés à se rassembler massivement pour:
Assemblée générale des maçons, Vendredi 6 juin à 16h00Plaine de Plainpalais
Une assemblée décisive pour défendre les conditions de travail, les salaires et la dignité du métier. « De grandes décisions devront être prises », avertit José Sebastiao.
Pour tout renseignement complémentaire :
Responsable du secteur GO, Unia Genève José Sebastiao, t 079 717 11 98, jose.sebastiao@unia.ch
Syndicat Unia 2026