Pour comprendre la situation actuelle, il faut revenir à l'origine du conflit : l'annexe 13 de la Convention nationale.
Les conditions de travail des maçons genevois sont le résultat de décennies de négociations et de mobilisations. Grâce à ces luttes, Genève fait aujourd'hui partie des régions où les conditions dans la construction sont parmi les meilleures de Suisse.
Le panier repas de 25 francs par jour et la pause payée ne sont pas des privilèges. Ce sont des acquis inscrits dans l'annexe 13 de la convention locale, obtenus pour reconnaître la pénibilité du métier.
En juin 2025, à l’approche de l’échéance de cette convention, les syndicats genevois, dont Unia, demandent l’ouverture de négociations afin de renouveler les dispositions locales.
Le patronat genevois refuse d'ouvrir les discussions et choisit d'attendre le résultat des négociations de la Convention nationale.
En déàcembre 2025, la Convention nationale est renouvelée. Elle introduit une indemnité de chantier de 9 francs par jour. Les régions peuvent choisir : appliquer la Convention nationale ou mettre en place une solution équivalente.
La CN prévoit alors un délai court au 26 janvier pour que les parties trouvent une solution.
En janvier 2026, le patronat genevois présente sa proposition : 5 francs par jour.
C’est une première historique que les patrons ne reportent pas le résultat national obligatoire pour toute la Suisse, en supplément de la CCT de Genève qui prévoit des compléments.
Pour les maçons, c'est un recul clair et inacceptable des conditions genevoises. Les syndicats annoncent qu’ils ne peuvent pas accepter une différence entre ces 5 frs et les 9 frs négociés au niveau national.
La séance tourne court et les employeurs décident alors de résilier l’annexe 13 CCT en maintenant leur décision de ne pas reconduire la CCT. Cette décision est ferme du patronat et les positions deviennent frontales de part et d’autre malgré des tentatives de discussions.
En mars 2026, les maçons réunis en AG rejettent cette proposition. Mandatés par l'assemblée, les syndicats genevois demandent au patronat de revenir à la table des discussions.
La Société Suisse des Entrepreneurs (SSE) refuse les négociations sur la CCT locale et, le 23 mars 2026, dénonce formellement l’annexe 13 genevoise de la Convention nationale.
Les conséquences sont immédiates : jusqu’à 400 francs de moins par mois, la suppression de la pause payée, la remise en cause d’indemnités conquises de haute lutte et une dégradation générale des conditions sur les chantiers.
Ce sont 5'000 travailleurs qui sont directement touchés. Au total, 24 millions de francs par an sont retirés des salaires dans le canton, soit 120 millions sur cinq ans.
Pour résumer :
Maintenant, la SSE essaie de vous faire croire que c'est VOTRE faute ou celle du syndicat si vous perdez de l'argent, alors qu'elle est responsable de ne pas avoir renouvelé la CCT de Genève pour permettre de réduire les montants obtenus au niveau national.
Si, comme les autres années, les patrons avaient reporté les résultats obtenus au niveau national avec les 9 frs, nous ne serions aujourd’hui pas dans cette situation. C’est bien pour économiser de l’argent et pour diminuer cette différence positive pour les salarié.e.s de Genève que les employeurs ont décidé de ne pas renouveler ce qui a été négocié durant des décennies.
La cause est donc économique : les entreprises paient un écart moins élevé qu’auparavant à l’origine, et non la responsabilité des syndicats qui défendent l’intérêt des salarié.e.s.
Là où le patronat détruit les acquis, les syndicats poursuivent la lutte et les maçons gardent la tête haute. ✊
Le 6 juin, plus de 600 maçons ont voté à l'unanimité : défendre votre porte-monnaie. Protéger votre dignité.
Unia poursuivra ce combat avec les maçons pour défendre leurs droits, leurs conditions de travail et leurs acquis. C’est l’essentiel du rôle d’un syndicat et nous sommes fiers de le porter pour les salarié.e.s. ✊
Les syndicats genevois exigent la reprise immédiate des négociations et la restauration de l'annexe 13.
Négociez enfin. Montrez du respect pour notre travail.
Contacts pour les médias
José Sebastiao, Responsable Secteur Construction et Artisanat, Unia Geneve, 079 717 11 98, jose.sebastiao@unia.ch
Syndicat Unia 2026