Genève, le 30-08-2016Notre réf.3288-CoT
Le projet présenté par le Conseil d’État ne contient pas de surprise. En abaissant à ce point le tauxd’imposition cantonal, le Conseil d’État cède à la pression des entreprises, sans garantie sur le sujetde l’emploi, et ne répond pas aux attentes exprimées par la CGAS de compenser les pertes subieset de maintenir des conditions de redistribution économique et sociale vers les salarié-e-s.Le taux de 13.49% s’inscrit dans la concurrence intercantonale et internationale, alors que cettedernière ne constituait pas un risque réel pour la Suisse. Il creusera encore les inégalités au sein dela région genevoise.
Au contraire de ce qu’affirme le Conseil d’État, les pertes massives qui découleront de la réformeauront un impact sur la cohésion sociale. En effet, la solution envisagée de l’amortir par lecreusement de la dette n’est qu’un report de quelques années que la majorité risque bien de fairepayer à la population, à travers des coupes dans les prestations publiques ou par des pertesd’emploi dans la fonction publique et le secteur subventionné. Alors que pendant des années ladette a été présentée comme un fardeau insupportable quand il s'agissait de réclamer plus depersonnel soignant dans les hôpitaux, moins de patients par chambre ou moins d'élèves par classedans les écoles, elle perdrait pendant 5 ans son caractère problématique parce qu'il s'agitd'accorder des centaines de millions de francs de rabais fiscaux aux entreprises? Personne n'estdupe: le creusement de la dette pendant ces 5 ans a pour seul but de faire passer la réforme et sescadeaux exorbitants. La population devra en plus en payer les intérêts aux institutions financièresbénéficiaires de la réforme.
Les faibles compensations prévues, affectées au soutien à l’économie et à la conciliation entre viefamiliale et vie professionnelle reviendront encore aux entreprises, et ne compenseront donc pasles pertes subies dans les ressources des collectivités publiques. Par divers mécanismes nonprévisibles, ces pertes pourraient d’ailleurs s’avérer bien supérieures aux montants annoncés.Un taux de 13.5 voire 13% signifie à peine 5% pour l’impôt cantonal et communal. C’est moins quece que paient des salarié-e-s gagnant 3750 francs par mois. Le financement des conditions-cadresmises en place par l’État et essentielles pour les entreprises est donc devenu totalement inégal etdéséquilibré. La disparition de fait de l’imposition sur le capital contribuera également encore àcreuser ces inégalités.
Sans un changement de direction dans le cadre de la consultation ouverte et du processus législatifqui suivra, la CGAS ne pourra se rallier à un tel projet et, en l’état, rejoindra la coalitionréférendaire.
Jean-Luc FERRIERE, SIT, secrétaire syndicalresponsable du dossier, 079 628 49 67
Alessandro PELIZZARI, Unia, vice-président CGAS,079 817 29 04